Mon Evil Inconscient : Allo-Stop, c'est excitant, rien de moins


lundi, janvier 15, 2007

Allo-Stop, c'est excitant, rien de moins

Vous savez, en tant que personne qui profite de la vie, j'adore rencontrer de nouvelles personnes pour mieux les juger ou alors les apprécier. Cette activité nécessite habituellement des coûts élevés. Parlez-en à Mylène ou Nana, qui se sont inscrites à un cours de mise en forme hip-hop "sous forme de routines dansantes avec musique de rue actuelle" pour faire du social avec d'autres pouliches-à-en-devenir. («Au moins elles auront des fesses de fer, c'est mieux qu'un oeil au beurre noir et 3 dents en moins grâce rugby, franchement!» me direz-vous. Je vous dirai que vous commencez drôlement à sonner comme ma mère.)

Puisque mon expérience d'ultimate frisbee était peu concluante et le fait de courir après un bout de plastique pour l'attraper en premier me causait des dédoublements de personnalités de golden retriever, il me fallait trouver autre chose.

Alors, je me suis inscrite à allô-stop, le service de covoiturage par excellence pour se promener d'un bout à l'autre du Québec, comme c'est mon cas à chaque fin de semaine. Le principe est simple : de purs inconnus nous amènent d'un endroit à un autre, accompagnés de d'autres inconnus-mangeurs-de-KD-sans-char tout aussi paumés que moi. On voit de tout. Des madames en peine d'amour qui partent à brailler en te racontant la manière atroce dont leur chum a crissé le camp de l'appartement il y a deux mois. Un gigantesque bateau rempli de black dudes qui font rouler en boucle trois tounes de Blondie pendant deux heures en te forçant à te shaker le bassin, et quand tu refuses pour la troisième fois parce que tu ne veux pas les rendre mal à l'aise avec tes talents de chilleuse, décident de tout simplement faire du zig zag à 150 sur l'autoroute pour te convaincre d'entrer dans le beat. Des jeunes à la casquette à palette drette qui se croient en Escalade avec leur Accent en coupant les déneigeuses lors d'une tempête de neige. J'avais le goût de lui lancer une boîte de pop tarts et de gueuler "Baaaaam", mais j'étais trop obnubilée par le 50 cent qui grinchait dans le tapis. Tapis de course NOS, bien sûr, pour accompagner les essuie-glace modifiés de chez Canadian Tire.

Vous me traiterez peut-être de suicidaire, mais mes conducteurs préférées sont les jeunes filles aux mèches blondes avec du minou de léopard sur leur volant. Parce que, sur le bord des larmes en pleine autoroute ET tempête de neige, elles nous sortent toujours des révélations incroyables.

Marketing, en criant, visiblement angoissée : Euh... désolée si je roule pas vite... il fait pas très beau dehors !
Moi : Scuse, je comprends pas ce que tu dis ! (je ne comprenais pas non plus pourquoi elle voulait écouter les pussycat dolls aussi fort, yen a rien qu'une qui chante, à la fin. Peut-être qu'elle comprenait pas l'histoire de la chanson)
Marketing, en baissant le volume : Il fait pas beau dehors ! Je vais pas aller vite. Mon chum est vraiment inquiet que je prenne le volant dans cette température-là. J'espère qu'il s'inquiète pas que je l'aie pas encore appelé.
Moi : Ouin, écoute, je comprends. (réponse adéquate, selon mon certificat en psychologie.)

À ce moment, une Accent nous dépasse à toute vitesse dans la voie de gauche. Nous sommes dans une grosse Cavalier. Baaaaam ! Ça devait être le gars de l'autre fois.

Moi : C'est mieux ça que de conduire une accent pis de se prendre pour une formule 1 hivernale. C'est clair que le gars va se ramasser dans le fossé dans pas long.
Marketing : ...
Moi : ...
Marketing : ... C'est la première fois que je conduis depuis un an.
Moi : ...
Marketing, en train de renifler : ... c'est que... l'hiver dernier, j'ai eu un accident dans une tempête de neige. Mon auto était une perte totale.
Moi : ...
Marketing : Je sais pas pourquoi, j'étais pressée, j'ai dépassé une déneigeuse.
Moi : ... ok... c'est chiant... euh...

Devinez le reste !

Marketing : c'est que .... J'avais une accent neuve en plus. (simili-hystérique, elle se met à taper n'importe quoi sur son blackberry avec des mèches de marketing, en se foutant qu'elle avait nos vies entre ses mains) Faut vraiment que j'appelle mon chum ! Il va vraiment s'inquiéter !!! Vraiment !! !!!!
Moi, en s'aggripant à la poignée :... tsé... euh... c'est pas grave... tu veux que je compose le numéro ?

C'est clair que je vais vivre ma vie au jour le jour maintenant. Grâce à allô-stop. Tout en sauvant l'environnement et mon portefeuille.