Mon Evil Inconscient : Mon arrivée à la CHT


samedi, mai 12, 2007

Mon arrivée à la CHT

Je sais, je sais, je n'ai donné aucune nouvelle, mais c'est parce que j'étais occupée à m'établir pour mieux dominer la quantité étonnante de nerds de la région. C'est quand même un défi, j'ai établi que le campus de CHT (Compagnie de Haute Technologie) avait la plus haute concentration de nerds au mètre carré, d'asiatiques au mètre carré, et d'indiens. N'ayant pas été confrontée au multiculturalisme jusqu'à présent, je prends une semaine pour regarder, écouter, sentir, et me rouler par terre en cas de feu.

Et jusqu'à présent ça résulte en quelques expériences intéressantes. Vous ne m'entendrez pas blaster la CHT ici, malheureusement, car je n'ai absolument rien à redire sur l'appartement luxueux avec foyer, lave-vaisselle, lit queen, coloc cambodgienne possédant une wii, mais bon, lisez entre les lignes à l'envers avec un miroir, on sait jamais. Mais le voyage d'aller en 1re classe, avec la bière on the side avec l'homme d'affaire asiatique on the other side leur a donné des points. Mais les autres stagiaires, par contre, constituent un sujet de conversation interminable. Je les divise (juge grossièrement) en plusieurs catégories:

  • Les externes (habituellement des Pakistanais portant des pantalons tailleurs en dessous des bras, marchant en canard et étant absolument indifférenciables les uns des autres)
  • Les motivés (habituellement des roux nains, qui lèvent leur main durant les séances d'information pour ajouter leur grain de sel sur les exposés des avocats qui nous supplient de ne pas employer des termes comme "kill the competition", "we owned them", "crushed them" car la CHT a des problèmes d'image)
  • Les gosses de riches qui se la pètent, avec leur sac de travail Prada, la porsche de papa, leur statut d'étudiant de Harvard grâce à l'argent de papa et qui sont cool par autoproclamation. Habituellement, ils faut qu'ils se tassent pareil malgré tout quand un troupeau de motivés s'en va visiter le CHT-store en discutant du best-seller de Bill Gates de leurs voix borderline muée, peu importe la quantité de gel qu'ils possèdent dans leur cheveux.
  • Les autres, qui sont plus calmes, mais qui souvent s'avèrent des motivés refoulés, et qui font leur coming out sans le vouloir en s'échappant car ils savent que ce n'est pas cool du tout d'être motivé.
C'est ainsi que j'ai eu mon premier événement de 4 à 6 cette semaine de stagiaire. L'endroit où je travaille étant plutôt loin, il faut que j'appelle une navette-CHT pour m'y conduire. Pis dans les navettes-CHT, ya des bonbons. Des tonnes de bonbons. Un bac de bonbons. Puis souvent, un autre bac au cas où le premier se termine. Donc j'arrive souvent au/du travail dans un peak extraordinaire de sucre, causé par une ingestion surprenante de rockets et de tootsie rolls aux fraises (au Québec, les tootsie rolls sont des affaires bruns dégueus que personne bouffe à l'Halloween, mais ici, ya des saveurs, pis c'est bon ET mou, combinaison rare de nos jours). J'arrive au 4 à 6 extrêmement sucrement motivée, accueillie par un secrétaire portant fièrement la moustache douce tellement efféminé qu'il en fait soupirer sa collègue, pour y trouver tout ce dont à quoi je rêvais dans un 4 à 6 : des jeux de société, de la crème glacée, un quizz sur la vie de Bill Gates qui permet de gagner des logiciels d'impôts, bref, je trépigne d'excitation. Et ce n'est qu'un début.